Matrix est le premier film d’une trilogie de science fiction réalisé par les frères Wachowski sorti en 1999.
Thomas A. Anderson est un informaticien connu sous le pseudonyme de Neo dans le monde du piratage. Contacté par ordinateur par un groupe de pirates informatiques, Neo découvre grâce à ses personnes que le monde qui l’entoure est virtuel : les humains étant gardés sous contrôle par des machines dans la réalité.
Le capitaine du vaisseau Nebuchadnezzar, Morpheus, contacte Neo pense qu’il est l’Elu, pouvant reprendre le contrôle sur les machines et sur la “Matrice” le monde virtuel dans lequel vivent les humains. Ce monde a été construit afin que les machines puissent utiliser l’Homme comme ressource énergétique pour leurs machines.
Au-delà de l’aventure que va avoir Néo, il doit douter de tout ce qu’il l’entoure. Cet instant est symbolisé par le choix qu’il doit faire entra la pilule bleue ou la pilule rouge. Est-il certain de ce qu’il connait ou doit-il douter?Douter de ce qu’il pense être vrai.
Selon Descartes, philosophe français du XVIIème siècle, pour s’assurer de la réalité de nos connaissances il est nécessaire de trouver un fondement ne pouvant être infirmé à partir duquel nous pourrons nous reposer pour avancer dans nos autres connaissances. Nous devons ainsi douter de tout ce qui nous parait évident pour atteindre une certitude.
Le doute cartésien s’oppose au doute des sceptiques, doutant de l’existence même d’un objet. Le doute de Descartes amène à la certitude alors que le doute sceptique n’amène que le doute.
Tchouang-Tseu, philosophe chinois du IVème siècle avant JC, évoque “le rêve du papillon” : il rêve être un papillon et lorsqu’il se réveille, il se demande s’il n’est pas un papillon qui rêve étant Tchouang-Tseu. Cette réflexion amène le doute sur ce qui nous entoure et ce qu’est la réalité.
Freud évoque la réalité dans son “principe de réalité”. Ce principe consiste en l’acceptation des exigences, limites qu’imposent le réel. Le principe de réalité s’oppose au principe de plaisir où dans ce dernier, la satisfaction pulsionnelle peut être assouvie sans restriction.
Dans “matrix” on ne peut pas opposer principe de réalité associé au Réel, et principe de plaisir associé au Virtuel, étant donné que le virtuel amène des exigences et des frustrations. Serait-il peut-être plus opportun de parler du Réel Lacanien?
Dans le schéma lacanien “Réel/Symbolique/Imaginaire”, Lacan propose la métaphore de la table : en prenant une table, la table imaginaire englobe les fonctions de cette dernière (on mange dessus, peut servir à poser un vase, marque le repas, etc). La table symbolique (Symbolique fondé par la métaphore du Père et du Nom du Père), c’est le mot table tel qu’il vient se lier dans le discours : “à table!”, “faire table rase”. le signifiant table peut aussi s’insérer dans d’autres expressions, comme table des matières. Enfin, le réel représente le reste, ainsi, c’est ce que l’on ne connait pas.
Le Réel lacanien n’est pas atteignable. La réalité (et non le réel) dans le film Matrix est saisissable est concret : mais le Réel ne l’est pas.
Contrairement au virtuel de l’ordinateur, où un principe de plaisir est de mise (dans les jeux vidéos par exemple)et le principe de réalité peut également se retrouver (difficulté du jeu, adversaire trop robuste, plantage de la machine?); le virtuel de Matrix impose l’assujettissement des êtres humains.
Le virtuel se définit comme quelque chose “en puissance, sans effet actuel”. Il représente ce qui pourrait être mais n’est pas. Le virtuel est-il l’opposé de ce qui est et est inscrit dans le réel? Mais de quel réel parle-t-on?
Le “virtuel” en informatique (parfois appelé monde numérique) serait alors un terme mal utilisé étant donné qu’il peut avoir des conséquences en acte. Le virtuel s’oppose à l’actuel et non au réel. L’opposition “d’en puissance” et “d’en acte” est de mise.
Le virtuel pourrait être mis en lien avec l’Imaginaire lacanien.
Bon article, qui me fait penser que Matrix est décidemment plus profond qu’une simple grosse production qu’il est aussi par ailleurs.
Pour compléter, je vous propose d’aller faire un tour sur mon propre blog, ou j’ai écrit un article reliant la théorie de la caverne de Platon, à Matrix justement. Comme quoi…
C’est ici : http://saint-epondyle.net/blog/2011/07/lallegorie-de-la-caverne-de-platon-a-matrix/
Je ferai un tour sur votre blog. Le lien a la théorie de la caverne de Platon m’a déjà l’air intéressante
.
Un jour où même en cherchant bien, je n’avais pas trouvé autre chose à faire que d’aller au cinéma pour tromper l’ennui… Je suis donc tombé sur le premier Matrix.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir subitement le personnage principal et un autre type tenant un rôle d’initiateur… lui expliquant de but en blanc que son interlocuteur était “l’Elu” et destiné à sauver le monde… Et se retrouvant tous les deux tous seuls sur un écran totalement blanc alors qu’une fraction de seconde plus tôt ça mitraillait et se bastonnait dans tous les sens…
Et hop, v’là que commençait la tirade la plus ridicule de l’histoire du cinéma de pseudo-philosophie sur qu’est-ce que la réalité, d’où viens-je, où courre-je, dans quel état-j’erre et… Surtout… Le rien est-il quelque chose…
Je vous avoue… Que j’ai été pris d’un fou-rire terrible qui m’a valu quelques regards courroucés tout autour de moi… Puisque j’osais manifestement me moquer DU film-révélation qu’il fallait avoir vu… cette semaine-là.
Bref… Tout cela pour vous dire, cher confrère, que je suis tout étonné qu’il puisse y avoir autant de choses intelligentes à dire – et je vous félicite de les avoir trouvées – à partir d’un film qui a rejoint de façon définitive la liste des plus immondes navets du cinéma américain.
Je salue ce très respectable tour de force.
Je vous trouve très dur avec le premier opus de Matrix, le meilleur film pour toute une génération (oui, je sais, je vais trop loin, ça ne paraît pas crédible
).
Certes, ce film est creux, mais, j’aurai également pu parler du film “Existenz” et ce qui m’intéressait particulièrement c’était cette notion de doute. C’est peut-être pour cette raison que je m’intéresse plus à la question philosophique (et puis, il faut aussi savoir que j’ai revu récemment quelques vagues concepts philosophiques) et à l’apport analytique.
Je terminerai ce commentaire en vous déconseillant fortement de voir les deux autres films de la trilogie qui ne méritent même pas d’être évoqué! (En autre nanard de la même trempe, il y a “equilibrium” dont le pitch est bon, le film moins).
Existenz… Oui ! Je me souviens! Quel émouvant souvenir!!!
Il est sorti à peu près à la même époque que Matrix… Je l’avais trouvé plus intéressant en ce sens qu’on finissait par ne plus savoir où était la vraie vie, tant les plans de réalité s’emboîtaient comme des poupées russes… De façon assez interminable d’ailleurs… Je me demandais bien quand ça allait finir… Je suis d’ailleurs sorti du cinéma avec un vague besoin d’aspirine… Pour le coup la question du doute sur la réalité était assez bien rendu pour déclencher quelques flambées délirantes.
Bon… Vous l’aurez compris… J’ai un peu de mal avec la SF…
Existenz… Oui ! Je me souviens! Quel émouvant souvenir!!! Il est sorti à peu près à la même époque que Matrix… Je l’avais trouvé plus intéressant en ce sens qu’on finissait par ne plus savoir où était la vraie vie, tant les plans de réalité s’emboîtaient comme des poupées russes… De façon assez interminable d’ailleurs… Je me demandais bien quand ça allait finir… Je suis d’ailleurs sorti du cinéma avec un vague besoin d’aspirine… Pour le coup la question du doute sur la réalité était assez bien rendu pour déclencher quelques flambées délirantes.
Bon… Vous l’aurez compris… J’ai un peu de mal avec la SF…
PS : J’ai eu un petit problème de fausse manip’ en déposant mon commentaire hier, au moment de m’identifier comme auteur. Je vous le renvoie avec la bonne identification si vous voulez corriger. A bientôt